Il y quelques mois, je découvrais Promenade d'un distrait, belle histoire un brin fantasque de Gianni Rodari illustrée par Béatrice Alemagna.
Le petit Giovanni part en promenade mais, malgré les recommandations de sa maman, se laisse distraire par le monde qui l'entoure ; il en perd un pied, une main, un oeil. Fort heureusement pour lui, les gens bien attentionnés rapportent les morceaux à sa maman...
Cette petite merveille de livre est accompagnée d'un court film d'animation, ayant pour narratrice l'illustratrice elle-même dont le léger et charmant accent italien nous emporte dans la course folle de ce petit garçon aux allures de lutin.
L'ensemble est graphiquement riche, douce combinaison de dessins et collages, toujours harmonieux.
L'histoire, quant à elle, est un bel hommage à l'enfance, et les fragments du corps de Giovanni apparaissent comme une sorte de métaphore de l'éparpillement, de la dispersion et de l'insouciance. Mais elle est aussi un hommage à l'amour maternel ; une maman douce, à la fois inquiète et respectueuse de la soif de liberté de son petit qui se sent pousser des ailes ; cette maman qui, sans houspiller, rassemble consciencieusement les morceaux de Giovanni que les gens lui rapportent, comme par habitude, et le sert dans ses bras.


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"-Il ne manque rien, Maman ? J'ai été bien, Maman ?
-Oui, Giovanni, tu as été vraiment bien."


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La promenade d'un distrait
Gianni Rodani
Béatrice Alemagna
Editions du Seuil 2005